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 Photo par Lui 

 Merci beaucoup mes chers lecteurs pour vos pensées, vos mots, reçus ici et là, vos demandes parfois pressantes d'un billet, comme des petits caillous destinés à me faire retrouver le chemin de Zénondelle.  Je n'ai pas répondu à chacun, j'ai pensé à tous, mais le moment n'était pas encore venu sans doute de reprendre place au milieu des écrits. Tant de changements ont bousculé ma vie que je ne saurais dire si je me retrouve encore ici chez moi. J'ai compris enfin que le "chez soi" n'était pas de pierre, ni fait d'extériorité. Je l'ai installé en Soi, dans une place invisible, tout près du coeur, inaccessible à la défaite ou au tourment. 

  J'ai laissé la Demeure en pierre à mon ami Lionel, qui en est amoureux fou, après moi, après nous. La folie lui a pris de l'embellir magnifiquement, le passage s'est fait, de lui, à moi, comme une évidence, comme une histoire de rencontres à laquelle la vie ne doit nul hasard. Comme dans le roman de Marie José Caner, La maison aux yeux baissés, j'ai traversé le temps pour dessiner un autre espace, à la croisée de nos vies, nourrie de belles rencontres, de renouveau, de création. La maladie est désormais vaincue, après trois opérations, et une année d'angoisse, où l'engagement ne pouvait être pris, saisi dans la condition toujours du progrès de la chose. Cette chose en moi que l'on n'ose nommer tant la représentation en est mortifère, m'a fait renaître à moi-même, semblant une menace sans doute mais circonscrite et désormais éradiquée. Mon ange gardien ne m'a pas abandonnée me laissant entre les mains d'extraordinaires chirurgiens pétris de talent et d'humanité, veillant aussi sur mes amours que le  bouleversement  de vie  a fait grandir plus librement, eux qui dessinent déjà leur destinée sans que ma volonté ne se pose, juste ma fierté de les voir ainsi fortifiés et heureux.

  la vie tout à pied dans une belle ville  de culture et d'histoire est un événement. Mon nouveau lycée est comme je l'imaginais, accueillant et porteur de projets. Je ne regrette pas nos choix, j'y trouve là un singulier bonheur, pas entâché pour l'heur. Le bouleversement des choses secoue la vie au tréfonds, repoussant habitudes et peurs. Mon métier de philosophe me passionne, car je suis en quête de ce qui interroge l'humain, soucieuse de développer des processus d'apprentissage et d'éducation qui s'enracinent dans les valeurs de fraternité. Il faut lire et entendre Abdennour Bidar, puiser à la source pour transmettre de manière continue, sans se tarir, sans s'assécher.

 Le tthéâtre m'ouvre à nouveau ses portes après quelques années de pause, mais c'est un autre rêve qui traverse la réalité aujourd'hui. L'écriture ne sera plus disparate et dans l'ombre, effacée du monde, elle prendra la forme bientôt d'un ouvrage, d'une coécriture, Regards croisés du philosophe et du sociologue sur l'Ecole aujourd'hui, avec en filigrane une proposition de réforme. C'est la rencontre de deux métiers, le métier de direction et le métier de professeur, c'est la rencontre de deux personnes qui travaillent de concert, liées pas la passion de l'éducation et nourries du désir d'écrire. La peur est là d'être confrontée à la méfiance de soi-même, mais le nécessité de l'ouvrage est bien réelle, qui conditionne la réussite. les choses ont commencé déjà. l'aventure est riche, passionnante, elle me rapproche au plus près de ce que je suis fondamentalement, derrière les apparences, elle me fait toucher ce fonds d'inachevé qui sourd  au plus profond, cette nécessité intérieure de l''écriture, inconditionnelle, violente, dont parle Rilke dans les Lettres à un jeune poète.  Ensuite suivra peut-être un roman, qui sait ...